Pose de la 1ère valve aortique sans suture
Quatre valves orchestrent la circulation sanguine au niveau du coeur. Mais lorsque ces clapets sont en panne et que le traitement médicamenteux n'est pas suffisant, une opération s'impose. Cette chirurgie bénéficie depuis peu d'un progrès important : une valve aortique sans suture.
2 % des Français ont une valvulopathie
Les valves cardiaques sont des structures élastiques du coeur. Ces 4 valves agissent comme de petits clapets qui séparent les différentes cavités pour que le sang n'y circule que dans un sens, sans retour en arrière. Ces valves peuvent être atteintes de deux manières : elle ne s'ouvre pas assez et empêche le sang de circuler, on parle de rétrécissement de valve ou de sténose (46 % des cas) ; elle ne se ferme pas, le manque de continence provoque une fuite appelée insuffisance (12 % des cas) ; et enfin, elle peut présenter les deux types de dysfonctionnements (42 %). Environ 2 % de la population adulte est porteuse d'une valvulopathie.En se rétrécissant, la surface de l'orifice aortique entrave l'éjection du sang par le ventricule gauche. La pression d'éjection du sang devient plus élevée, imposant une charge de travail supplémentaire au coeur. Ce dernier la compense en s'épaississant, ce qui provoque une plus grande fatigue de cet organe. Les premiers symptômes se manifestent à l'effort : il peut s'agir d'une douleur au thorax (angor d'effort), d'une gêne plus ou moins intense pour respirer (dyspnée d'effort), ou, plus rarement, d'une perte brutale de connaissance (syncope d'effort).
En l'absence de traitement, le coeur s'épuise progressivement et n'assure plus un débit suffisant : c'est l'insuffisance cardiaque. Le patient souffre de troubles du rythme cardiaque, explique la Fédération Française de Cardiologie sur son site Internet. Si les valves s'infectent, c'est l'endocardite.
Une valve sans suture aux multiples avantages
Un régime sans sel, beaucoup de repos et des traitements antidiurétiques constituent le traitement de première intention. Mais en cas de sténose aortique importante, la réparation ou le remplacement de la valve par chirurgie s'impose. Jusqu'à présent, les chirurgiens avaient à leur disposition deux types de valves : la valve mécanique, solide et durable, mais nécessitant la prise impérative d'anticoagulants ; la valve biologique, moins résistante et qu'il faut remplacer, mais qui n'impose pas la prise d'anticoagulants.Conçue en 2008 par le groupe italien Sorin, la valve aortique sans suture Perceval S est une bioprothèse innovante. Contrairement aux valves mécaniques et aux valves implantées par voie percutanée, cette valve dispose d'un système d'auto-ancrage qui facilite le travail du chirurgien. "La valve est dans un stent auto-expandable, elle est compactée et se déploie automatiquement comme un parachute grâce à une armature en alliage super-élastique, explique le Pr Laborde. D'habitude, on coud la valve sur l'anneau aortique qui doit être parfaitement décalcifié. Ce processus prend beaucoup de temps. Avec la valve Perceval S, comme il n'y a pas besoin de suture, il n'est pas nécessaire de décalcifier l'anneau aortique, ce qui fait gagner un temps considérable".
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